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jeudi 16 août 2018

Un brunch littéraire à l'hôtel Providence autour du livre Nana de Zola #5

Aujourd’hui, petit article sur un merveilleux brunch littéraire que j’ai testé avec quelques amis. Nous nous sommes réunis au restaurant de l’hôtel « Providence » pour discuter tranquillement autour du livre d’Émile Zola « Nana ».




Avant de vous détailler plus en détail le délicieux brunch que nous avons dégusté voici un petit résumé du livre au cœur de notre discussion :


Nana (date de parution 1880)



L’héroïne de cette histoire se prénomme Nana.
Nana est une courtisane dont le Tout-Paris applaudit les débuts comme actrice au Théâtre des Variétés dirigé par Bordenave. Les habitués du lieu (journalistes, aristocrates et étudiants) discutent de ce nouveau personnage et considèrent tous Nana comme une piètre actrice sans talent. Toutefois, ils sont fortement « émoustillés » par son rôle de Vénus où elle est apparue totalement nue sur scène…
Le roman la peint dès le chapitre suivant comme une femme manquant d’argent pour élever son fils Louiset qu’elle a eu très jeune. Elle habite un bel appartement où l’un de ses amants l’a installée, mais il apparaît rapidement qu’elle vit au-dessus de ses moyens, ayant notamment beaucoup de mal à payer ses fournisseurs. Aussi, elle doit faire des passes pour arrondir ses fins de mois…
Son appartement est aussi un lieu de rencontres où se croisent de nombreux hommes : simples visiteurs, fournisseurs, coiffeurs, amies, clients ou soupirants, mais aussi hommes de bonne renommée évoluant dans les plus hautes sphères politiques comme le comte Muffat, chambellan de Napoléon III, un homme âgé et marié, très dévot et au langage châtié.
Le succès de la pièce « Vénus » vaut à Nana de nombreux hommages. Parmi les plus marquants ceux d’un prince ou encore ceux du banquier Steiner qui lui offre une maison à la campagne.
Aussitôt, Nana part se reposer dans sa somptueuse maison à la campagne, où elle a comme voisine la Comtesse Muffat. Le premier soir Nana s’offre une aventure avec Georges, un jeune adolescent.
Mais Steiner la rejoint ainsi que le comte Muffat désormais obsédé par elle. Elle refuse pourtant de se donner au Comte.
De retour à Paris, Nana reçoit régulièrement les visites de Steiner et du comte Muffat. Pour échapper à ses créanciers, elle décide de tout abandonner et part vivre – pour une vie simple – avec le nouvel élu de son cœur, l’acteur Fontan qui très rapidement va la battre et lui couper les vivres.
Malheureuse, Nana se tourne vers Satin – une prostituée de rue avec qui elle a fait le trottoir à ses débuts – avec qui elle va entretenir une relation homosexuelle.
Du jour au lendemain Fontan la jette dehors. Désormais sans le sous c’est grâce aux agissements d’un entremetteur que Nana va récupérer le comte Muffat qui, entre temps, lui a fait quelques infidélités avec Rose Mignon, l’actrice fétiche du moment au Théâtre des Variétés.

Subjugué par elle et malgré le ridicule de sa demande, il lui obtient le rôle dont elle rêve, celui de la femme honnête dans la nouvelle pièce du Théâtre des Variétés. Bien que la représentation soit un désastre, Nana est relancée. Le comte Muffat dépose d’ailleurs toute sa fortune aux pieds de Nana, offrant toilettes, hôtel luxueux, bijoux, à une seule condition : sa fidélité.
Nana adopte alors une vie de luxe et trompe aussitôt Muffat avec le jeune Georges venu la rejoindre en cachette, puis avec Philippe le frère de ce dernier. Dans ce luxe elle s’ennuie pourtant et rappelle son amante Satin. La générosité du comte et de ses nombreux amants ne parviennent pas à satisfaire tous ses besoins. Elle demande à ses amants tellement de chose qu’elle les détruit au passage sans aucun état d’âme : Philippe est emprisonné pour vol et apprenant la liaison de son frère Philippe avec Nana, Georges se suicide chez elle.
Nana devient de plus en plus cruelle avec le comte Muffat. Elle parade dans le beau monde, couchant partout, s’amourachant de n’importe qui, se débauchant pour vaincre l’ennui, ruinant les hommes les uns après les autres.
Nana finit par tout vendre et disparaît pour voyager. De nombreux bruits courent sur son compte. On lui prête des aventures féeriques en Égypte.
Plusieurs mois après, elle revient à Paris voir son fils atteint de la variole, elle contracte elle aussi la maladie et meurt. 


 
Mon avis
Neuvième volet de la série littéraire des Rougon-Macquart, « Nana » n’est pas mon Zola préféré, pourtant j’ai lu ce livre avec intérêt, car il détaille bien la place de la femme dans la société française du XIXème siècle. Il met également bien en lumière la dépravation de son époque. Toutefois, j’ai lu ce livre plus comme un reportage que comme un roman. Cette optique de lecture m’a permis de le lire jusqu’à la fin et de dépasser mon horreur du personnage de Nana que je n’ai pas du tout aimé ! Je n’aime pas son narcissisme et son absence de honte.


Le début du livre part dans tous les sens avec une volée de personnage ce qui ne m’a pas facilité la lecture. En effet, le livre commence directement avec le début du spectacle de Vénus avec l’introduction directe et brutale d’une multitude de personnages. A cela s’ajoute la description en plein « rush » du déroulement du spectacle aussi bien sur scène, dans le public et dans les coulisses. J’imagine que l’auteur a sûrement voulu transcrire l’effervescence du monde du spectacle, mais au cours de ces premiers et longs chapitres je ne savais plus qui était qui… ! D’autant plus qu’il fallait naviguer à travers les lourdes et longues descriptions de luxe et de débauches des plus hautes sphères…


Ce n’est qu’à partir de la moitié du livre (chapitre VIII exactement !) que la narration ralentie et que l’on entre plus précisément dans le fonctionnement de certains personnages. Au fil de la lecture l’on comprend où souhaite nous emmener Zola ou du moins ceux vers quoi il veut que l’on s’interroge :


-l’existence de relations de connivence entre le monde du spectacle et le journalisme moyennant des avantages divers et variés en retour,


-la mise en lumière de l’homosexualité féminine, sujet absolument tabou à l’époque ce qui démontre le courage littéraire de l’auteur,


-l’existence de deux type de prostitution : celle « classique » et celle de luxe,


-la place de la femme.


Ce dernier point m’a passionné. En effet, à l’époque la place de la femme est assez bien délimitée. Quatre positions sociales lui sont allouées :
-la femme mariée, sans profession, apanage des classes aisées,
-la nonne, faisant souvent également office d’infirmière,
-la femme « du peuple » mariée ou non et exerçant une profession telle que couturière, vendeuse, ouvrière, lessiveuse, domestique,
-et enfin la femme déchue, autrement dit la prostituée, infréquentable par les trois susnommées.


Cependant commence a émergé un groupe social nouveau qui a engendré pour la femme une cinquième « voie ». Ce groupe a été nommé « demi-mondaine » par Alexandre Dumas fils lequel, épris de la célèbre « Dame aux Camélias », était bien placé pour observer de près l’un de ses spécimens... La « demi-mondaine », ou encore « cocotte », n’est pas une prostituée qui est un terme trop réducteur pour elle puisque ce type de femmes vit certes de ses charmes mais pas seulement, car la plupart du temps elle est aussi actrice. Elle est également libre de choisir ses amants, souvent riches et de fixer elle-même son prix (hôtel particulier, maison de campagne, bijoux, robes, tableaux…).
Cette nouvelle catégorie de femme a donc permis à des écrivains comme Zola de parler de ce demi-monde sans scrupule aux mœurs cruelles et extravagantes mais également d’introduire cette première « émancipation de la femme par le sexe » face au mâle jusqu’à maintenant dominant. Ne l’oublions pas au 19ᵉ siècle, la femme reste sous l’autorité du père, du mari, du frère, du patron…La femme devra attendre la Première Guerre mondiale pour acquérir un début de reconnaissance…



Notre débat fut enflammé entre les pro-Nana et les anti-Nana ! Heureusement que le brunch a fait l’unanimité et nous a réconcilié !





Tout d'abord le cadre du restaurant qui est à lui seul une pause hors du temps avec ses chaises en bois, sa tapisserie à fleur et ses tableaux ancien Empire. 




L'atmosphère y est très "british " avec ses fauteuils "chesterfield".



Il propose un brunch avec une partie buffet - où il y a énormément de choix - et une assiette salée en service à table. Le brunch est à 32e. Nous avons passé un super moment gustatif, voici le menu:

Au buffet:

Jus de fruits frais au choix,

Café, thé ou chocolat chaud au choix sélection "Maison Richard",

Baguettes parisiennes et viennoiseries servie avec miel, confiture et beurre,

Cake maison du Chef,

Financiers,

Chouquettes,

Gaufres liégeoises,
 
fromage blanc maison,

Muesli bio,

Fruits frais de saison



A table au choix:

Oeuf Bénédicte et champignon de saison, ou

Tartine d'avocat œuf poché et graines de lin, - ce que j'ai choisi !!!! - ou




Le welch - que mon amie a choisi - ou







Morteau légumes verts au jus, - qui a également été choisi !!! - ou




 
Salade de saumon fumé d’Écosse pommes de terre grenailles -que mon 

autre ami a choisi -






Un brunch que je recommande chaudement !!

Kiss

---
Hôtel Providence Paris

90 rue Réné Boulanger

75 010 Paris

Brunch 32 e (sur réservation)
 

mercredi 7 mars 2018

Un Tea-Time chez Senoble

Bonjour, j’espère que vous allez bien.

Aujourd’hui je vous propose un article sur une nouvelle adresse 

parisienne qu’une amie m’a fait découvrir : le salon de thé Senoble.

 
Crédit image : site Senoble

Le cadre est superbe tout de blanc et de bleu électrique. La 

décoration n’est pas du tout chargée avec seulement quelques 

objets choisis ce qui donne beaucoup de cachet. Le mobilier a été 

étudié avec soin : une jolie bibliothèque de famille, des livres de 

cuisine, des objets déco, de grands fauteuils gris clair très cosy …


Crédit image: Senoble


Pour ne rien gâcher le tea-time à la carte est fort sympathique.

Pour notre goûter nous avons choisi toutes les deux le « Tea-Time 

Senoble » à 16e composé :

-d’une boisson chaude,

-d’une pâtisserie,

-et d’un assortiment de pâtisserie de voyage : madeleines, 

financiers et parts de cake.



Pour la boisson chaude nous avons choisi le Thé d’hiver. Je vous 

avoue que nous avons été un peu déçues par le thé qui promettait 

 un mélange d’épices, de rose et de fleur d’oranger. Je trouvais cela 

intéressant malheureusement les épices fortes ont totalement 

annihilé les parfums de rose et de fleur d’oranger. Quel dommage.




Pour la pâtisserie il y a du choix, la formule « Tea time Senoble » 

permet de choisir une pâtisserie à la carte. Le dessert signature du 

lieu est bien entendu « L’Île Flottante ». Ils ont réussi à transformer 

ce dessert à base de blanc en neige en un gâteau à base de mousse 

de lait, de vanille de Madagascar et d’un cœur coulant au caramel 

ambré sur un biscuit croustillant. Un délice aérien et délicieux

que j'ai choisi de goûter avec plaisir.




Vous avez également le choix avec l’Île Flottante de saison, le 

Cheesecake, le Paris-Brest, l’Opéra, le Vacherin, le Mille-feuilles, la 

Tarte aux agrumes ou encore la Tarte de saison.

Enfin – et non des moindres – l’assortiment de petites douceurs. 

Elles sont délicieuses, en plus il ne s’agit pas de mini gâteaux, mais 

de grandes madeleines et de grands financiers ce qui est encore 

plus gourmand !!




Vous avez la possibilité de les prendre nature ou avec des pépites 

de chocolat. Le tout est accompagné de tranches de cake du jour. 

Le jour de notre venue nous avons eu le plaisir de goûter un cake 

au citron. Comme j’adore le citron ce fut parfait !

En consultant la carte j’ai eu la joie de voir qu’il proposait 

également une formule brunch le week-end. Je compte bien le 

tester prochainement !

J’espère que cette découverte vous a plût.


A bientôt,

Kiss

---

Salon de thé SENOBLE

11 rue des Petits-Champs

75 001 Paris

(Réservation conseillée)


mercredi 21 février 2018

Une Saint Valentin autour d’un tea-time à L’Hôtel

Bonjour,
La semaine dernière c’était la St Valentin et pour ce jour spécial j’avais demandé à monsieur mon mari de poser sa journée.
Cette année, en effet, c’est moi qui me suis occupée de l’organisation de cette journée. Traditionnellement, mon mari m’invite à dîner dans un restaurant de choix, mais cette année, j’ai voulu lui faire à mon tour une surprise en lui proposant quelque chose qui change de l’ordinaire : un moment à deux sur Paris alliant gourmandises et moment détente dans un cadre élégant. J’avais déjà une petite idée derrière la tête !!
Il y a quelques mois je m’étais rendue avec une copine à L’Hôtel – le plus petit des palaces parisiens !! – pour un tea-time. À cette occasion j’avais découvert que ce petit palace bénéficiait également d’un SPA avec piscine et hammam mais surtout quil proposait une offre « Tea-time & SPA » dénommée judicieusement « Instant détente ». J’ai donc gardé cela dans un coin de ma tête et le moment venu j’ai réservé. Bon, pour tout vous dire, à l’origine j’avais téléphoné en octobre pour réserver cette offre le 1er décembre. Je voulais m’y rendre pour notre anniversaire de rencontre. Malgré mes 2 mois d’avance tout était complet, du coup jen ai profité pour réserver pour la Saint Valentin. J’ai donc réservé 4 mois à l’avance pour avoir la date de mon choix…
À notre arrivée nous avons pu patienter tranquillement dans un petit salon avec livres d’art et journaux à disposition. Ce fut l’occasion aussi de découvrir un beau salon.



Pour information L’Hôtel date de 1828 et se situe à l’emplacement du pavillon d’amour de la Reine Margot qui se trouvait dans le parc de son palais au XVIIe siècle.
Lorsque l’hôtesse est venue nous chercher pour nous conduire au SPA nous avons pu contempler l’architecture du lieu et cette fabuleuse tour au centre de l’hôtel.



Le SPA se situe au sous-sol. Entouré de pierres blanches, le lieu invite au calme et à la méditation. La privatisation de la piscine et du hammam est un vrai plus, il fait paraître le moment encore plus privilégié. Pour ne rien gâcher, le massage d’une durée de 30 minutes et qui se déroule au pied de la piscine est vraiment relaxant. Un bonheur !!
Crédit photo: L'Hôtel

Après cet instant détente nous nous sommes rendu au salon de thé pour notre tea-time de la Saint Valentin. En rejoignant le salon nous sommes passés devant le bar qui a un charme fou avec ses colonnes et ses fauteuils.

Le salon de thé est accueillant avec sa lumière tamisée, ses fauteuils douillets et ses rideaux de velours ce qui met bien en valeur les nappes blanches des tables et la vaisselle blanche et or.

Inclus dans l’offre nous avons dégusté une coupe de Champagne bien fraîche. Après la chaleur du hammam celle-ci fut fortement appréciée.

Ensuite, monsieur mon mari et moi-même avons choisi le chocolat chaud Valrhona Jivara 40 % de cacao mais deux autres versions existent : Guanaja 70 % de cacao et Ivoire 35 % de cacao. Le chocolat était onctueux avec un soupçon de vanille. Un délice.
Côté salé, L’Hôtel nous a servi un assortiment de sandwichs :
– un finger concombre-menthe et un autre dinde-sauce Samora,
– un finger brioché saumon fumé-crème à l’aneth,
-un mini cake à la feta.

Pour continuer, côté sucré, nous avons dégusté :
-des scones avec une crème à la mascarpone légèrement citronnée et une confiture à la framboise,
-un cœur de guimauve,

-un macaron à la griotte,
-un feuilleté à la praline rose,
-un sablé à la confiture de fraise,
-une douceur avec une coque à la rose et de la mousse de litchi,
-une douceur au chocolat sur un sablé au chocolat pétillant.

Le moment fut vraiment parfait. Je vous recommande chaudement cette sortie qui est une vraie parenthèse de douceur et de gourmandise.
A bientôt.
Kiss mes petites roses. 
---
L'Hôtel *****
13 rue des Beaux-Arts
75 006 Paris 
(sur réservation)

mercredi 14 février 2018

Mon premier atelier d'Origami



Bonjour,
Je vous souhaite une merveilleuse Saint Valentin. Pour ma part monsieur mon mari et moi avons posé notre journée pour la passer en amoureux, j'ai organisé une jolie journée j'espère que cela lui plaira. Je vous raconterai cela !!
En attendant je vous propose un article sur ma nouvelle lubie du moment : l'Origami.
Source : site paper-toy

A force de regarder des mangas je me suis intéressée à la culture japonaise et notamment à la technique de l'origami. Je me suis inscrite à un atelier d'origami que j'ai fait la semaine dernière. C'était vraiment génial !!
Mon premier origami !!!!!!!!!!
Aussi je vous propose un petit article sur cet art. J'ai adoré découvrir sur ce magnifique art nippon (Source Wikipédia).

L’art du pliage en papier
L’origami – des termes japonais « oru » signifiant « pliage » et « kami » voulant dire « papier » – est l’art ancestral japonais du pliage en papier (uniquement du pliage, d’une seule pièce en papier, sans découpage ni collage). À travers ce pliage il est possible de faire différente représentation : un animal, un objet, une fleur ou encore un personnage.
Source : Paper Toy

L’origami a tout d’abord une origine chinoise puis a été perfectionné par les Japonais. Il est considéré par les occidentaux comme un art difficile, car il mêle l’imaginaire, la patience, la dextérité mais également la géométrie et les mathématiques. Il s’agit donc d’un art extrêmement riche et complet qui nécessite de nombreuses années d’exercice pour atteindre un certain niveau.

Une tradition japonaise

Le papier est né en Chine (IIème siècle avant J.-C.) mais la pratique régulière du pliage de papier est essentiellement d’origine japonaise (VIème siècle). Les premiers pliages étaient destinés à l’emballage des médicaments et des aromates. Ils servaient également les rituels religieux pratiqués par les moines shintoïstes. Son utilisation sacrée est encore reconnue aujourd’hui puisque l’on en trouve dans les temples actuels.
Tout commença donc avec l’invention du papier, lorsqu’en l’an 538, un prêtre bouddhiste venu de chine introduisit au Japon la méthode de fabrication du papier. À l’origine, le papier était un bien précieux, c’est-à-dire très coûteux, ce qui explique que l’Origami ne se soit pas ouvert immédiatement au grand public. Réservé aux cérémonies et rituels, l’origami était soumis à des règles de pliage très rigoureuses qu’on ne pouvait apprendre qu’auprès de maîtres. L’Origami de cérémonie servait à décorer les cruches de saké, ainsi dans les cérémonies religieuses, une feuille de papier plissée était placée autour du goulot des récipients de saké et servait de bouchon d’apparat. Les Samouraïs s’échangent également des cadeaux ornés de noshi, une sorte de jeton porte-bonheur fait de bandes de papier pliés.
Pour les cérémonies de mariages, l’Origami avait une fonction symbolique, ainsi deux papillons de papier, le mâle ocho et la femelle mecho, que l’on fixait avec un ruban autour du goulot de deux cruches de saké représentaient les époux. Plus tard, on décrochait les deux papillons et on les posait l’un sur l’autre, on mélangeait le contenu des deux cruches et ainsi l’union était reconnue sacrée. À partir de l’an mille, on voit apparaître des modèles traditionnels comme le papillon, la grue, la grenouille et le crabe.
Durant l’époque Muromachi (1392-1572) se développe un art de l’emballage très codifié qui associe papiers pliés et cordons de différentes couleurs (noshi). Trois ouvrages témoignent de la tradition japonaise. L’un donne des instructions pour plier des grues attachées les unes aux autres (de deux à une centaine), un autre réunit des diagrammes permettant de plier les personnages d’un jeu japonais. Le troisième, est une sorte d’encyclopédie écrite à la main dont deux tomes sont consacrés au pliage.
Aujourd’hui, le pliage est enseigné aux enfants japonais par la transmission familiale. Avant il faisait partie intégrante de l’instruction dans les jardins d’enfants, les écoles primaires et les collèges de jeunes filles au début du XIXème siècle.
L’Origami n’est donc pas uniquement un jeu récréatif, car si depuis plus de 400 ans, les mères de famille japonaises apprennent à leurs enfants ces pliages de papier, c’est qu’elles considèrent l’origami comme un des éléments importants de la tradition artistique japonaise.

Un art traversant les frontières

La connaissance de l’origami en France se limite généralement à la cocotte ou à l’avion en papier.
Il faut à peine remonter à la Renaissance pour identifier les premiers origamis à travers les cours royales européennes qui s’entichent du pliage des nappes et des serviettes. Ainsi, pour les noces du roi Henri IV et de Marie de Médicis, la table d’honneur fut-elle parée de pliages en forme de fruits et d’oiseaux.
Il faudra attendre le XIXème siècle pour avoir des informations plus sérieuses. Un instituteur français, M. Savineau, publie en 1897 un livre de travaux manuels scolaires, Pliage et découpage du papier, qui fait référence au pédagogue allemand Friedrich Fröbel, créateur en 1840 du premier jardin d’enfants. De même, une doctoresse italienne Maria Montessori prône l’utilisation du pliage pour éveiller les facultés créatrices des enfants. En Allemagne, Laslo Mojoly- Nagy inclut des cours de pliage à l’école du Bauhaus en 1930.
C’est grâce au Maître japonais Akira Yoshizawa que les différentes traditions vont pouvoir se rejoindre. Il met au point dans les années 1950 un langage international de symboles permettant de déchiffrer tous les livres d’origami.


La réalisation de l’origami
La manipulation peut prendre quelques minutes jusqu’à plusieurs heures, ce qui signifie qu’il faut un peu de patience et beaucoup de pratique pour réaliser des origamis de plus en plus impressionnant visuellement. Quelques fondamentaux à connaître avant de se lancer dans ce magnifique art nippon :
– Les origamis se réalisent avec une feuille de papier carrée.
– Il est conseillé lorsque l’on débute de commencer avec des feuilles de couleur unie c’est-à-dire sans motif afin de faciliter la visualisation du pliage. Lorsque l’on devient plus sûre de soi il est possible de passer à un papier à motifs. Il existe de très jolis papiers à origami.
– L’origami doit être réalisée sans découpage et sans collage.
Les modèles d’origami commençant souvent par une même succession de plis, il arrive fréquemment qu’il faille partir d’une base. Il faut ensuite réaliser une succession de figures en faisant des plis pour parvenir au modèle final.
Parfois les figures les plus difficiles sont réalisées dans du papier d’aluminium plutôt que du papier ordinaire, car cela permet de faire plus de plis avant que le support ne soit trop abîmé pour être plié une nouvelle fois. Une autre technique, celle du papier mouillé, permet de créer des reliefs et des courbes intéressantes.
Grâce à internet il est aujourd’hui plus facile de débuter dans cet art. Il est possible de recourir à différents moyens.
Vous pouvez commencer à regarder quelques tutos sur You Tube.
Si vous avez un peu peur de commencer tout seul il est possible de s’inscrire à des ateliers origami. À Paris, il existe quelques associations qui propose ce type d’atelier. Pour ma part je me suis inscrite à Quartier Japon (comptait 22 euros les 2h d’atelier).
Vous pouvez également recourir à des ouvrages spécialisés.
Comme je voulais avoir de bonnes bases j’ai choisi de commencer par un atelier. Ce fut très sympa et original.
Mon deuxième origami 


Le symbolisme de l’origami
La grue dans les origamis est la figure la plus célèbre, il est un animal très réputé au Japon.

Selon wikipédia :

" La légende des mille grues ( tsuru) raconte que si l’on plie mille grues en papier dans l’année, retenues ensemble par un lien, on peut voir son vœu de santé, de longévité, d'amour ou de bonheur exaucé. Pour que le vœu, la chance ou la santé se réalise, on doit fabriquer le senbazuru pour une personne bien particulière et faire une prière à chaque grue achevée. Une seule personne doit conserver le senbazuru, celle pour laquelle il a été fait. Moins nombreuses sont les personnes à avoir fabriqué la guirlande, plus le vœu sera fort car il aura demandé beaucoup plus de patience et de persévérance… En général, on offre un senbazuru à une personne très proche, souvent malade, ou plus culturellement pour une naissance ou un mariage. La guirlande des mille grues est devenue un symbole mondial de paix et les gens peuvent en laisser dans les temples ou jardins de prières (notamment à Tokyo et Hiroshima). La guirlande est alors laissée à la merci des éléments et symbolise des messages. Elle a alors le même sens que les drapeaux de prières tibétains. "
Cette légende a inspiré l’histoire de Sadako Sasaki, survivante des bombardements atomiques. Cette fillette japonaise atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima avait entrepris de réaliser, sous l’impulsion de sa meilleure amie Chizuko, mille grues en origami afin de réaliser son vœu de guérison. Malheureusement, elle est morte avant d’avoir pu achever sa tâche en ayant réalisé seulement 644 grues. Les élèves de sa classe ont terminé ce qu’elle avait commencé et son histoire a fait de la grue en papier un symbole de la paix.
En 1958, un monument de la paix des enfants a été inauguré, immortalisant en son sommet, Sadako tenant une grue en or dans ses mains. L’événement a eu lieu le jour de la fête des enfants, le 5 mai 1958. Son piédestal porte l’inscription « Ceci est notre cri. Ceci est notre prière. Pour construire la paix dans le monde ».




Offrir un origami
Un origami peut s’offrir en témoignage d’amour ou d’amitié à quelqu’un qui compte et que l’on aime.
Un origami peut également se porter en bijoux pour femme. Il peut s’agir d’un cadeau original mais éphémère que l’on peut porter qu’une seule nuit...
Bonne saint valentin